Quelle est la date limite à laquelle un entrepreneur peut faire appel d'un fabricant? Par Julie Raignault, une avocate. | Responsabilité Décennale


1ère publication

Par décision du 6 décembre 2018, la troisième chambre des affaires civiles de la Cour suprême de cassation décida le délai dans lequel un contractant, impliqué par un maître du travail, pouvait agir en tant que garantie de vices cachés pour le fabricant.

Cette décision, bien que non publiée, est incompatible avec d'autres décisions récentes d'autres formations de la Cour de cassation.

Le contexte de l'affaire

Une personne a fait construire un hangar par une société qui a fabriqué le toit en fibre de ciment fabriqué par une société française, acquis plus tard par une société espagnole.

Livrées en 2001, les plaques achetées et commandées par le contractant se sont avérées être la cause du dommage constaté par le maître d’ouvrage.

Les travaux ont été achevés le 31 octobre 2001 sous réserve de scellage. Des fissures dans les dalles de fibres de ciment ont eu lieu. À la demande du propriétaire, un expert légiste a été chargé. Celui-ci a chargé l'entreprise de construction générale de soumettre le rapport d'expert le 30 octobre 2012.

Nous sommes alors en 2013, douze ans après la livraison de ces plaques: le propriétaire assigne le fabricant, qui à son tour attribue une garantie au fabricant quelques mois plus tard.

Comment l'appel de la contrepartie contre le fabricant a-t-il été accepté par les juges?

Quelle solution les juges ont-ils donnée au fond puis à la Cour de cassation?

Le tribunal de Strasbourg a déclaré l'action recevable et a ordonné au fabricant de garantir à l'entreprise de construction toutes les condamnations qui lui avaient été infligées. Le fabricant interjeta appel de cette décision, affirmant que la demande de garantie était prescrite parce qu'elle avait été déposée plus de dix ans après la livraison, contrairement aux dispositions de l'article L. 110-4 du Code de commerce dans sa version antérieure.

La cour d’appel de Colmar a infirmé la décision et jugé que le procès intenté contre le fabricant avait effectivement pris du retard.
La Cour note que " différencier la durée de validité de l'ancien article 1648 du code civil de la durée de la garantie légale du vendeur, soit dix ans après la vente, conformément à l'article L. 110-4 du code de commerce dans sa version antérieure ".
Il considère que les actions visant à assurer l’existence de défauts défectueux doivent être mises en œuvre dans le délai prévu à l’article L. 110-4, qui est régi par le droit commun, à compter de la date de livraison en août 2001.

La troisième chambre de la Cour de cassation n'approuve pas ce libellé des délais de prescription à l'encontre de la société.

La troisième chambre viole la décision des juges de Colmar et confirme, sans viser à l'article L. 110-4 du code de commerce, mais uniquement à l'article 1648 du code civil, que le retard à agir pour garantir les torts a été exécuté par le l'affectation du contractant par l'employeur, que la période de dix ans soit écoulée ou non entre-temps.

En fait, la Cour ajoute que la période de dix ans prévue par le code de commerce est "suspendue" jusqu'à ce que le principal obligé soit tenu de supporter la responsabilité de la contrepartie.

Quelles leçons peut-on tirer de cette jurisprudence?

Cette question fait l'objet de discussions depuis quelques années et toutes les sections de la Cour de cassation n'ont pas la même longueur d'onde.

Application du principe général Les actions n'ont aucun effet "La troisième salle refuse de fixer un délai – 10 ans dans ce cas, mais 5 ans maintenant – après lequel le contractant assumera lui-même les défauts des matériaux de construction qu'il installe pour les clients.

Cela protège évidemment la société et les fabricants en général, mais la jurisprudence correspondante est moins positive pour les fabricants, qui considèrent alors que leur responsabilité est engagée longtemps après la vente.

Il s'agit d'un pourvoi qui "impose" une interprétation de ses textes juridiques de manière déterminée, mais constitue une décision qui n'est pas publiée au Bulletin de la Cour de justice …

Il est difficile de déterminer dans ces affaires à quel point il est important de donner et quel impact aura cette crise, ce qui va à l'encontre de la jurisprudence récente d'autres chambres de la Cour suprême.

Cette décision de la troisième chambre de la Chambre des civils – la Chambre de l'immobilier et de la construction – est en fait incompatible avec les décisions très récentes de la 1ère Chambre de commerce et de la Chambre de commerce.

Le premier district, par décision du 6 juin 2018 publiée dans le Bulletin, s'est prononcé en faveur de la perception opposée en disant " Actioni pas natae Il est mentionné ci-dessus et considère que le délai pour démontrer le bon fonctionnement d'un produit ou d'un objet doit être raisonnable.
Il a examiné l'action intentée par le dernier acheteur contre le fabricant dans le délai prévu à l'article 1648 du code civil, mais huit ans après l'expiration du délai de dix ans prévu à l'article L. 110-4 du code de commerce. . La première chambre a estimé que l'acheteur final ne pourrait avoir plus de droits que l'acheteur initial, même s'il découvrait les défauts du bien qu'il avait acheté tardivement.

Le 16 janvier 2019, le département commercial, dans une affaire similaire à celle étudiée ici, déclara le recours irrecevable, le litige n'ayant pas été introduit dans le délai imparti à l'article L. 110-4 du code de commerce.
C'est une "reprise" du département commercial qui a jusqu'ici décidé le contraire.

On s’attendait à ce que la 3ème Chambre de commerce suive le cours précédemment suivi par la 1ère Chambre (comme le département commercial l’a fait par la suite) … ce n’est pas le cas.
La question est de savoir s'il va résister ou devenir impliqué dans la jurisprudence désormais "majoritaire".

Quelle assurance rénovation choisir ?



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